Extrait du site Fanatic F1 => www.FanaticF1.com.
Parution le 23 juillet 2008.
Martin Whitmarsh : "Lorsqu’on mène la course, on est toujours plus vulnérables et les choix sont souvent plus difficiles"
Le patron de l’équipe McLaren Mercedes s’explique sur l’erreur de stratégie commise dimanche dernier à Hockenheim...
Dimanche après-midi, l’équipe a admis qu’elle avait commis une erreur stratégique en laissant Lewis continuer durant la neutralisation due à la voiture de sécurité. Quelles ont été les raisons qui vous ont poussé à le faire dans le feu de l’action ? Martin Whitmarsh : " D’une manière générale, lorsque vous menez un Grand Prix et que votre rythme est bon, vous êtes plus vulnérables que ceux qui sont derrière vous. Le premier relais avait clairement montré que nous avions un net avantage sur le reste des concurrents. C’était tellement vrai que nous avons fait rentrer Lewis plus tôt que prévu et que nous l’avons ravitaillé pour un relais assez long. Quand la voiture de sécurité est sortie, nous avons examiné les différentes options et nous avons pensé qu’en gardant Lewis sur la piste pour qu’il roule ensuite avec peu d’essence hors du trafic contrebalançait les difficultés de le faire arrêter : A savoir se retrouver quelque part au milieu des autres concurrents au redémarrage et aussi pénaliser Heikki qui aurait été forcé d’attendre dans la pit-lane derrière lui. Notre décision a ensuite été affectée par des développements qu’il était impossible de prévoir au moment où l’on s’est déterminé. D’abord la voiture de sécurité est restée sur la piste plus longtemps que prévu ce qui a réduit le nombre de tours durant lesquels Lewis aurait pu se ménager une avance suffisante. Ensuite plus de voitures que nous pensions en ont profité pour ravitailler, ce qui s’est traduit par moins de concurrents entre Lewis et Felipe Massa lorsqu’elle est rentrée. Enfin nous étions persuadés que Lewis aurait un avantage supplémentaire en roulant avec peu d’essence et des pneus usagés, ce qui s’est révélé inexact. Au contraire, l’évolution de la piste a davantage bénéficié aux voitures qui étaient chargées en essence. Voilà toute la difficulté de notre boulot à ce moment précis de la course. "
Ressentez-vous le besoin après cela de revoir comment prendre ses décisions stratégiques ? Martin Whitmarsh : " Si vous êtes une équipe de pointe et que vous faites une erreur, vous êtes rapidement critiqués. Avec le recul c’est toujours 50/50 et nous pensons que nous avons pris les bonnes décisions face aux choix difficiles à notre disposition. N’oubliez pas que c’était encore plus tangent pour Lewis du fait que nous lui avions mis plus d’essence que les autres lors de son premier arrêt. Nous avions donc une "fenêtre" de tir plus large que les autres équipes qui étaient toutes proches de leurs seconds arrêts au moment de la voiture de sécurité. C’était donc pour elles plus facile à se déterminer que pour nous. Cela l’était encore davantage pour Ferrari qui pensait alors qu’elle ne pouvait plus nous battre. Et si l’inverse s’était produit, nous aurions aussi été sévèrement critiqués si Massa était resté sur la piste, nous avait dépassé et avait ensuite profité de son avantage avec un ultime arrêt super rapide vers la fin du Grand Prix. N’oublions pas que Nick Heidfeld a montré que cette stratégie pouvait être la bonne en restant derrière la voiture de sécurité et en finissant quatrième, preuve que ce choix était tout aussi valide. "