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Parution le 21 avril 2008.


Imola 1994 : Le week-end noir de la F1

Le Championnat du Monde 1994 de Formule 1 fait escale à Imola pour la 3ème manche de la saison. Michael Schumacher sur sa Benetton pointe largement en tête au classement puisqu’il a remporté les deux premières manches alors que son rival annoncé, Ayrton Senna, peine sur sa Williams-Renault. En effet, le pilote brésilien a abandonné lors des deux premières courses : Tête-à-queue à Interlagos et accrochage à Aida…


Personnalite


Tout commence en ce vendredi 30 avril 1994

Alors que les moteurs commencent à rugir pour ce qui doit être un beau Grand Prix de Saint-Marin, soudain, un énorme bruit fait frissonner le paddock. Il s’agit d’un accident : C’est Rubens Barrichello… Le petit protégé d’Ayrton Senna, victime d’une crevaison, décolle sur le vibreur et s’envole littéralement à la chicane Variante Bassa pour heurter violemment le mur de pneus avant de partir en tonneaux. La voiture n’est plus reconnaissable et s’immobilise sur le flanc. Tout le monde craint le pire : Il est peu probable que l’on puisse survivre à un tel choc. Rubens Barrichello est inconscient, mais il ne souffre que d’un bras et d’un nez cassés.

Le lendemain, en qualifications, le pilote débutant Roland Ratzenberger sur sa Simtek s’élance en piste. Lors de son tour de sortie des stands, il commet une petite erreur à Aqua Minerali et fait un tour dans les graviers. Sa voiture semblant intacte, il décide de continuer sans la faire contrôler aux stands. Alors qu’il démarre son premier tour chronométré, son aileron avant, sans doute endommagé dans la sortie de piste, se casse et se loge sous ses pneus, l’empêchant de tourner et surtout de freiner. Sa Simtek se désintègre dans le mur du virage Villeneuve. Le choc est d’une violence inouïe qu’il ne reste pratiquement plus rien de sa voiture. Lorsque l’on voit son casque ballotter dans le cockpit, on comprend qu’il s’est passé quelque chose de grave. Le pilote autrichien est tué sur le coup. Cependant, les autorités du circuit prétendront qu’il est décédé pendant son transfert à l’hôpital car une loi italienne oblige tout événement sportif à être arrêté s’il y a eu mort durant celui-ci. Ainsi, la course à bien lieu le lendemain, ce dimanche 1er mai 1994, malgré un mort et un blessé grave ! Ayrton Senna, très affecté, hésitera à prendre le départ du Grand Prix. Mais, le brésilien s’élancera finalement de la pole position (la 65ème de sa carrière) avec, comme pour les deux premiers Grands Prix, Michael Schumacher à ses côtés.

Sur la grille, la Benetton de J.J Letho reste immobilisée. Tout le monde l’évite, sauf la Lotus de Pedro Lamy qui heurte le pilote finlandais. Le choc est rude et les débris volent dans tous les sens, certains blessent même des spectateurs alors qu’une roue s’envole au-dessus de la tribune. Heureusement, les deux pilotes sont indemnes et la voiture de sécurité mène les débats pendant quelques tours.

Ex-pilotes


Au 6ème passage, alors que la voiture de sécurité s’est effacée, Ayrton Senna mène devant Michael Schumacher. Mais lorsqu’il arrive à la courbe ultra-rapide de Tamburello, la Williams du brésilien, sans doute lâchée par sa suspension, quitte la trajectoire et tire tout droit. Elle s’écrase contre le mur de béton et rebondit sur la piste avant de s’immobiliser quelques mètres plus loin. "Le Monde de la Formule 1" retient son souffle. Ayrton Senna, l’idole de tout un peuple, vient d’avoir un accident et il ne sort pas de sa voiture. La tension est palpable. Le brésilien ne bouge plus… Il est secouru immédiatement mais l’angoisse envahit les spectateurs et téléspectateurs, surtout lorsqu’apparaît une flaque de sang à côté du pilote. Ayrton Senna est transporté à l’hôpital de Bologne et la course reprend alors que personne n’a plus vraiment le cœur ni la tête à disputer ce Grand Prix. Gerhard Berger abandonnera même après quelques tours, mais pas pour un problème technique comme sa Ferrari le laissait croire. En fait, l’autrichien n’arrivait plus à voir : Les yeux embués par les larmes.

En fin de course, la Minardi de Michele Alboreto perd une roue dans les stands, provoquant la blessure de plusieurs mécaniciens de l’équipe Ferrari. Malgré l’envie de tous les pilotes d’arrêter le "massacre", la course va à son terme et Michael Schumacher remporte une victoire sans joie, devant Nicola Larini et Mika Hakkinen.

A 18h40, on apprend la mort d’Ayrton Senna, triple Champion du Monde et surtout l’idole de tout un peuple. Le brésilien n’est même pas mort à cause du choc : C’est en fait un bris de suspension qui l’a touché au niveau de son célèbre casque jaune, lui laissant peu de chance de survivre.

Il aura fallu ce week-end noir, et l’accident grave de Karl Wendlinger, deux semaines plus tard à Monaco, pour que des mesures soient enfin prises pour améliorer la sécurité des pilotes. D’abord ridicules (installations de chicanes), elles prirent peu à peu de l’ampleur, pour atteindre aujourd’hui un niveau honorable, permettant par exemple à Robert Kubica en 2007, pendant le Grand Prix du Canada, de ne pas être tué lors de son spectaculaire accident.

Ce funeste week-end, qui a coûté la vie à deux pilotes, est toujours dans les mémoires : Même 14 ans après

Par Angelo Salemi . http://www.FanaticF1.com/formule1/article6687.html


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