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Parution le 2 février 2008.


David Sarel : Chronique d’un contrat de F1 - Partie II

Nous sommes en 1996. A 24 ans, Jean-Baptiste Bannier arrive en F1 au sein du Team Altekia dirigé par le truculent homme d’affaires italien Charles Benventuni. Jean-Baptiste a choisi comme avocat David Sarel dont il a fait la connaissance quelques années plus tôt à l’école de pilotage...


Pour lire la première partie : C’est juste ici !


Soutenu par son parrain Éric Trélor qui fut lui-même l’avocat de l’ancien Champion de F1 Freddy Vivien, David s’acquitte parfaitement d’une tâche que la personnalité de Charles Benventuni ne facilite pas.

Lors de ce Grand Prix de France sur la piste de Magny-Cours, Carlo démarra mieux que Jean-Baptiste. Mais le cadet reprit sa place dès le deuxième tour en profitant d’une erreur de son équipier. Carlo rata son freinage avant le droite qui ramène sur la ligne droite des stands. Jean-Baptiste s’infiltra à l’intérieur. Au cinquième tour, Jean-Baptiste attaqua la Madina qui le précédait au freinage d’Adélaïde. Son adversaire voulut insister. Mal lui en prit. Il bloqua ses roues et sortit dans l’herbe. Carlo en profita pour gagner une place. Les deux Altekia roulaient maintenant roues dans roues, aux sixième et septième places. Carlo n’attaqua jamais Jean-Baptiste. Ménageait-il sa monture et ses pneus ? Pilotait-il déjà au maximum ? Quelques amorces de blocages de roues firent penser aux observateurs les plus avertis que Carlo était à la limite.

Midland-06


Soudain, au vingtième tour, à l’approche de la zone de freinage de l’épingle d’Adélaïde, Jean-Baptiste vit un nuage de fumée s’échapper des échappements d’un attardé quarante mètres devant. Il leva et freina plus tôt que d’habitude, s’attendant à trouver de l’huile sur la zone de freinage. Derrière l’aileron de la première Altekia, Carlo ne vit pas la fumée. Surpris par le freinage de Jean-Baptiste, il percuta son équipier. Les deux voitures partirent dans un superbe balai qui les vit s’immobiliser dans l’herbe après des figures sur l’huile dignes d’un patineur sur glace en perdition.

Les pilotes descendirent de leurs monoplaces. L’un et l’autre avaient compris instantanément la raison de l’accrochage.
" Navré " s’excusa l’Italien, sincèrement désolé de son erreur qui causait l’élimination simultanée des deux voitures du team.
" C’est la course " soupira Jean-Baptiste.
Ils se dirigèrent à pied vers les stands. Et Carlo se confia à son équipier.
" J’en ai marre. J’ai perdu la motivation. Ras le bol de le pression, de me battre avec une voiture de milieu de grille, du cirque permanent des patrons de teams qui te prennent pour un chien et t’humilient quand tu fais une contre-performance en oubliant le nombre de fois où tu as risqué ta peau au volant de la poubelle qu’ils te filent. J’arrête à la fin de la saison. D’ici là, mon dernier job en F1 sera de t’aider à apprendre le métier. Tu vas déjà plus vite que moi en piste, mais au niveau mise au point, stratégie, j’ai encore quelques ficelles à t’apprendre… "
" C’est sûr " répondit Jean-Baptiste. " Tu as beaucoup à m’apprendre et vouloir le faire prouve que tu es un vrai seigneur de la F1. T’es sûr que tu veux arrêter ? Qu’est-ce que tu vas faire après ? "
" J’ai des projets. Un peu d’endurance, j’en ai toujours eu envie. Peut-être le Dakar en famille avec mon cousin qui en rêve depuis des années. Ne t’inquiète pas pour moi. "
Une fois arrivés aux stands, les deux pilotes subirent les foudres de Charles Benventuni. Engagé sur un coupé Vivia 2000 groupe A à la Course de côte de Pouillé les Coteaux ce jour-là, David ne vit pas le Grand Prix en direct. Il poussa un cri de colère en visionnant le soir la cassette sur laquelle il découvrit un Benventuni plein de morgue et d’arrogance déclarer aux télévisions qu’il avait dû engager des pilotes d’auto-tamponneuses qui s’étaient crus à la fête foraine et avaient ruiné une stratégie d’équipe qui aurait conduit une Altekia sur le podium sans leur comportement irresponsable.

Il appela immédiatement Jean-Baptiste qui accusait le coup. C’était la première fois que Jean-Baptiste se faisait remonter les bretelles depuis son arrivée en F1. En outre, l’espoir de la discipline reine découvrait la férocité du milieu. Il était déjà arrivé à Jean-Baptiste de subir les reproches d’un patron de team dans les formules de promotion. Mais jamais un manager d’écurie ne l’avait humilié en public comme Charles Benventuni venait de le faire.
" C’était un incident de course " le consola David. " On voit bien que ce type n’a jamais mis les fesses dans un baquet, même celui d’un kart de location. "
" C’est vrai, mais c’est le patron " regretta Jean-Baptiste.
Il fit part à David de la décision de son équipier en lui demandant de ne pas en parler.
" Évidemment " promit David. " Je suis soumis au secret professionnel. "

A suivre…



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Par Thierry Le Bras. http://www.FanaticF1.com/formule1/article6337.html


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