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Parution le 24 février 2008.
La stratégie en Formule 1 : Partie II
La politique actuelle en matière de recrutement des pilotes s’avère souvent peu rationnelle, et suscite de nombreuses critiques de la part des observateurs professionnels ou non de la discipline.
2- Une politique cohérente en matière de recrutement des pilotes
Il est en effet à déplorer une pratique qui discrédite depuis plusieurs années la Formule 1, considérée depuis toujours comme l’élite du sport automobile, réservée au seul cénacle des pilotes chevronnés : La technique du pilote payant, qui permet à un futur pilote d’acheter sa place dans un baquet... L’analyse de l’histoire de la Formule 1 offre quelques exemples de cette pratique (entre 1950 et la fin des années 1970, une faible proportion de pilotes a été recrutée selon cette méthode) qui s’est généralisée à partir des années 1980. En 1991, par exemple, Jordan exigea de ses pilotes le paiement d’une somme de 4 Millions de dollars. Alex Yoong dépensa quant à lui 5 Millions de dollars pour entrer chez Minardi en 2001 et Christijan Albers a négocié son entrée chez Midland à 10 Millions de dollars... L’effet pervers de cette pratique est que le recrutement dépend peu du talent et des compétences en matière de pilotage, mais surtout de la capacité financière du candidat. Le discrédit est alors jeté sur cette discipline réputée élitiste. Une telle stratégie s’avère défectueuse pour deux raisons. D’une part, les écuries qui ont recours à ce type de pratique sont généralement dans une situation financière précaire, survivent artificiellement grâce aux sommes injectées par les pilotes payants, et restent malgré tout dans l’incapacité, faute de structures techniques performantes, d’offrir une monoplace compétitive. D’autre part, elle contribue à la désaffection du public, déçu de voir évoluer des pilotes aux talents souvent limités, voire médiocres.... L’enquête réalisée chaque année par la FIA auprès des fans montre leur souhait de voir évoluer le recrutement des pilotes en Formule 1 selon des critères objectifs valorisant la compétence et la qualité du pilotage. Ce débat s’avère aujourd’hui primordial puisqu’il touche directement à la crédibilité même de la Formule 1 auprès du public...
Selon une stratégie optimale, les recruteurs au sein de chaque écurie, doivent développer un excellent sens de l’observation et multiplier les contacts avec les agents des futurs espoirs des sports mécaniques (le Kart, le Champ’Car, le GP2, la Formule 3000 constituent de véritables viviers de jeunes pilotes doués et surtout à l’avenir prometteur). Savoir déceler les prochains Champions du Monde reste cependant l’apanage de quelques visionnaires dotés d’une intuition et d’un esprit d’analyse exceptionnels, à l’instar de Flavio Briatore, qui a su voir en Michael Schumacher et en Fernando Alonso, les futures stars de la Formule 1. Renault F1 Team a pris en 2002 une initiative unique dans cette discipline. Le programme Renault Driver Development consiste en la détection de jeunes talents repérés dans différentes catégories, pris sous l’aile de l’écurie, et inscrits dans la discipline automobile la plus bénéfique au développement de leur carrière. Le bilan de fin de saison évalue aussi bien les performances obtenues sur la piste que la motivation et le professionnalisme. A travers Renault Driver Development, l’écurie prépare ses victoires futures et investit dans la carrière de jeunes pilotes dont les capacités exceptionnelles au volant ont été détectées dès leurs premières compétitions. Heikki Kovaleinen a rigoureusement suivi ce programme : D’ailleurs en 2007, il est devenu pilote titulaire aux côtés de Giancarlo Fisichella...
Une fois le pilote recruté, il s’agit de lui proposer un contrat de travail à la fois transparent et flexible, afin que l’intérêt des deux parties, écurie-employeur, et pilote-salarié, soit satisfait. L’obligation de transparence, visant à la protection du pilote consiste en un énoncé clair et exhaustif de la fonction de pilote au sein de l’écurie : Enumération détaillée de toutes ses obligations, de toutes ses prérogatives, en conformité avec les exigences légales, définition stricte des rapports qu’il doit entretenir avec les sponsors officiels de l’écurie (heures de représentation, participation à des événements publicitaires, possibilité de conserver d’éventuels sponsors personnels), gestion des rapports avec les médias (système de liberté d’expression totale ou limitée en interview ou en conférence de presse). L’obligation de flexibilité, en faveur de l’écurie, est constituée d’un ensemble de clauses prévoyant l’éviction du pilote en cours de saison en cas d’absence de résultats tangibles, d’un comportement traduisant un manque manifeste de rigueur, de sérieux.... Cette rupture du contrat avant terme doit toujours être dûment motivée...
Une stratégie gagnante s’envisage non seulement durant la phase de préparation de la future saison mais également durant toute la saison des Grands Prix...
Par Bénédicte Fort. http://www.FanaticF1.com/formule1/article4579.html
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