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David Sarel chez les people...dimanche 20 mai 2007, par Thierry Le Bras A l’approche du fantastique Grand prix de Monaco, l’ancien pilote de F1 Freddy Vivien répond une nouvelle fois sur les questions du journaliste Sébastien Ménier. David Sarel livre aussi ses commentaires sur cette course hors normes.
Sébastien Ménier : Freddy, tu as gagné plusieurs fois à Monaco. Est-ce que cette course représente quelque chose de particulier par rapport aux autres ? Freddy Vivien : " Monaco est un Grand Prix incomparable, pour plusieurs raisons. Pour nous Français, c’est un peu un second Grand Prix à domicile. Comme de nombreux pilotes résident à Monaco, les deux tiers du plateau considèrent d’ailleurs qu’ils courent à la maison. " Sébastien Ménier : Les sportifs français ne suivent pas cette mode. David Sarel : " Non, pour des raisons purement fiscales. Lorsqu’il était au pouvoir, De Gaulle a contraint la Principauté à ne pas accorder l’asile fiscal aux ressortissants français. Ces derniers continuent à payer leurs impôts en France s’ils s’installent à Monaco. Résultat, les gros contribuables qui cherchent à optimiser leur situation fiscale choisissent d’autres destinations. Je précise que le choix des sportifs doit s’apprécier compte tenu de la durée de leur carrière. Elle ne dure pas toute la vie et il est parfaitement logique qu’ils se préoccupent de la constitution de leur patrimoine tant qu’ils sont au sommet de leur art. Ce ne sont pas ceux qui les critiquent qui prennent des risques à leur place. " Sébastien Ménier : L’événement mondain ne nuit-il pas à la course ? Freddy Vivien : " Monaco présente en effet cette double particularité d’être à la fois une des courses automobiles les plus célèbres du monde et un lieu où la haute société aime se montrer. En outre, Monaco se court à l’époque du Festival de Cannes. Pour ma part, je ressentais d’autant plus cette particularité qu’à plusieurs reprises, mon épouse Daniéla, qui est comédienne, était au Festival pour présenter un film pendant que j’effectuais les essais du Grand Prix. Mais attention, événement mondain ou pas, c’est un circuit très difficile. A Monaco, les pilotes roulent à quelques centimètres, souvent même quelques millimètres des rails. Le tracé procure des impressions que tu ne trouves nulle part ailleurs. La moindre erreur se paye cash. Celui qui gagne Monaco a géré un week-end absolument parfait. C’est à cause de cette difficulté extrême que tu vois au palmarès quelques pilotes qui ne disposaient pas des meilleures voitures du plateau mais dont le coup de volant méritait la plus belle reconnaissance. " Sébastien Ménier : Par exemple ? Freddy Vivien : " Je pense notamment à Jean-Pierre Beltoise qui remporte la course sous la pluie en 1972 au volant d’une BRM et à Olivier Panis qui gagne en 1996, également sous la pluie, avec une Ligier. " Sébastien Ménier : A l’inverse, certains grands noms manquent-ils au palmarès de la course ? Freddy Vivien : " Au moins deux. Jim Clark d’abord, à qui Monaco n’a jamais réussi alors qu’il fait partie des plus grands pilotes de l’histoire de la F1. Et Didier Pironi, lui aussi un des plus grands pilotes de tous les temps, qui méritait de gagner en 1980 et en 1982 mais qui, les deux fois, fut trahi par la technique. " Sébastien Ménier : As-tu une anecdote particulière à nous raconter sur Monaco ? Freddy Vivien : " Je commencerai par une anecdote étrangère à la compétition. Une année, je gagne le Grand Prix au volant de ma Priceley. Daniéla qui était à Cannes, avait quitté le Festival le dimanche matin pour me rejoindre à Monaco. En attendant son taxi devant le Carlton, elle pose ses bagages et signe quelques autographes à des fans. Lorsqu’ils partent, elle se rend compte que ses bagages ont disparu. Plus rien. Heureusement encore qu’elle avait ses papiers, son chéquier et ses cartes de crédit dans son sac à main… "
Sébastien Ménier : Il y a décidément des voleurs partout, même dans les lieux les plus réputés. Freddy Vivien : " Dans le cas des vedettes du show-bizz, les voleurs sont souvent des fans qui veulent à tout prix posséder des objets ayant appartenu à la star qu’ils vénèrent. Souvent, nos poubelles ont été vidées par des admirateurs fétichistes. Nos fils manifestent parfois la curiosité de chercher tout ce qui nous concerne sur le Net. Et ils trouvent régulièrement des sous-vêtements jetés par Daniéla à vendre aux enchères. " Sébastien Ménier : Incroyable ! Freddy Vivien : " Mais vrai. Pour en revenir au week-end que j’évoquais, Daniéla arrive tout de même au circuit en fin de matinée et assiste à la course depuis notre stand. Comme je gagne, nous sommes invités au dîner de gala avec la famille princière. Mais les robes de soirée de Daniéla étaient dans les bagages qui lui avaient été volés. Elle n’avait pas d’autres vêtements que l’ensemble en toile sportswear qu’elle portait depuis le matin. Une tenue décontractée, parfaite pour assister à la course, mais déplacée pour un dîner de gala. D’autant que nous savions par expérience, comme j’avais déjà gagné à Monaco, que le vainqueur et son épouse sont placés à la table d’honneur avec la famille princière. " Sébastien Ménier : Comment Daniéla a-t-elle fait ? Freddy Vivien : " Système D. Nous avons demandé au patron de l’hôtel où j’étais descendu de nous aider. Il a prêté une robe du soir appartenant à sa fille. Une des femmes de chambre était excellente couturière. Elle s’est occupée des retouches. La robe tombait parfaitement. Nous avons donné 10.000 Francs de pourboire à la femme de chambre qui a fait les retouches. Tout est démesuré dans le monde de la F1, même les pourboires. Et cette charmante dame le méritait bien, d’autant qu’elle s’était montrée très gentille et n’avait rien demandé. Le soir, personne n’a remarqué que Daniéla portait une robe d’emprunt… " Sébastien Ménier : Et toi David, tes premiers souvenirs de Monaco ? David Sarel : " La première fois que je suis allé à Monaco, c’était avec mon parrain Éric Trélor, qui était déjà l’avocat de Freddy. J’étais adolescent et je me laissais plus facilement épater qu’aujourd’hui. Deux choses m’ont stupéfié. D’abord, l’impression de richesse que dégage le site. Les yachts majestueux dans le port, les voitures de rêve, le nombre de stars au mètre carré, les plus belles filles du monde qui accompagnent ou chassent le milliardaire. Mais tout ça, ce sont les paillettes. Ce n’est pas le plus intéressant. Ce qui m’a vraiment fasciné, c’est de voir les pilotes flirter avec les rails. Le pilotage des rois de la F1 est d’une précision extrême. Si tu te places à l’entrée d’un virage, tu remarques que la différence de début de freinage d’un pilote ne dépasse pas 20 centimètres d’un tour à l’autre. C’est encore plus impressionnant à Monaco que sur les autres circuits. Souvent, tu ne mettrais pas la main entre le pneu arrière extérieur des monoplaces et les rails. C’est ahurissant. " Sébastien Ménier : Presque effrayant ! David Sarel : " Carrément. Surtout quand tu as accès aux espaces proches de la piste après le tunnel et que les F1 en surgissent dans un vacarme de tonnerre. Tu as l’impression qu’on tire un coup de canon dans ta direction. Les étincelles qui jaillissent sous les monoplaces lorsqu’elles talonnent sur le bitume amplifient cette impression de voir des armes terrifiantes qui cherchent à te pulvériser. La première fois, j’ai été tellement stupéfait que j’ai bondi en arrière. Depuis, plusieurs pilotes et proches de pilotes m’ont raconté qu’ils avaient vécu la même expérience ahurissante, notamment Daniéla qui est carrément tombée en arrière en découvrant une monoplace rouge qu’elle n’a pas eu le temps d’identifier bondir à la vitesse d’un avion supersonique en faisant rugir son moteur rageur. " Vous pouvez retrouver toutes les aventures de David Sarel sur le site : Circuit Mortel
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