La gazette de la F1 2012 - Le rendez-vous de Montréal
jeudi 7 juin 2012, par Norbert Billaud
Ce week-end, les pilotes ont rendez-vous sur le tracé de Montréal pour disputer la septième épreuve de la saison 2012. Comment les pilotes se préparent-ils à cette course ? La gazette de la F1, vous permettra de découvrir les envies des représentants des équipes Red Bull Racing, Caterham F1 Team et du manufacturier Pirelli...
La dernière course, disputée à Monaco, s’est soldée par une victoire de l’équipe Red Bull Racing grâce au sportif australien... Mark Webber. Un 6ème vainqueur différent en autant de Grands Prix sur cette saison 2012 ! A Montréal, la structure énergisante espère confirmer la vélocité affichée dans les rues de la Principauté. Mais, la RB8 sera-t-elle à la hauteur des attentes des deux pilotes titulaires ? Avant l’entame de cette nouvelle épreuve, Sebastian Vettel et Mark Webber affichent une certaine confiance puisqu’ils affirment viser la plus haute marche du podium sur ce tracé qui s’est toujours refusé à l’écurie autrichienne.
Mark Webber : " Je dirais que Montréal est l’un des cinq meilleurs Grand Prix de l’année parce qu’il y a une ambiance sensationnelle. C’est vraiment un très bel endroit, il y a toujours des Grands Prix intéressants : La dernière édition n’y a pas fait exception ! C’est un circuit avec peu d’appuis aérodynamiques, de longues lignes droites et une vitesse de pointe élevée, ce qui est un défi très différent par rapport aux autres tracés. Nous verrons ce que cela donnera, mais nous sommes convaincus que notre monoplace devrait bien fonctionner ici. J’adore piloter sur cette piste, c’est un bon circuit, donc j’attends avec impatience d’y rouler. "
Sebastian Vettel : " Montréal est une belle ville, tout le monde adore s’y rendre. L’ambiance est toujours agréable. L’année dernière, la course a été prolongée à cause d’une forte pluie mais c’est un très beau tracé. Le circuit est sur une île, sur le fleuve Saint-Laurent et c’est un défi pour les pilotes. Comme le tracé de l’Albert Park en Australie, les routes sont publiques, donc l’usure des pneumatiques peut y être élevée. Il y a aussi beaucoup d’usure au niveau des freins, ce qui peut poser problème sur la durée de la course. "
Au terme du Grand Prix de Monaco, une 13ème place (décrochée par Heikki Kovalainen) est venue récompenser les efforts affichés depuis le début de la saison 2012 par l’équipe Caterham F1 Team : La structure sportive basée à Norfolk aborde donc cette nouvelle épreuve avec de grandes ambitions... Mais, le
"Top 10" est-il réellement un objectif réalisable ? Sur le tracé canadien, Vitaly Petrov et Heikki Kovalainen espèrent que d’éventuels rebondissements en course, permettront à l’un des deux, d’ouvrir le compteur de points bloqué sur zéro depuis l’entame de ce Championnat.
Heikki Kovalainen : " Montréal est une très belle ville. Toutes les équipes aiment se rendre au Canada car les fans sont vraiment des passionnés, les tribunes sont toujours pleines et la ville elle-même devient une fête permanente lorsque nous sommes ici. Montréal est un tracé vraiment agréable. C’est un circuit en ville avec quelques lignes droites demandant des réglages avec peu d’appuis, cela rend les monoplaces délicates à piloter dans les virages rapides et dans les zones de freinage, mais c’est un beau tracé. Comme partout où nous nous rendons, il faut trouver un bon équilibre pour signer le meilleur temps possible, mais vous avez aussi besoin de réglages qui vous permettent d’attaquer vraiment sur les vibreurs, notamment dans le dernier virage car cela conditionne la ligne droite des stands. Vous avez également besoin d’une bonne vitesse de pointe pour la seconde ligne droite, donc il faut regarder avec attention les ratios de la boîte de vitesses et équilibrer le 7ème rapport pour faire face aux vitesses que nous pourrons atteindre avec le
"DRS" et le
"KERS", lorsqu’ils seront tous les deux enclenchés. "
Vitaly Petrov : " J’ai de bons souvenirs du Canada après avoir terminé 5ème ici l’année dernière, je suis impatient d’y retourner. Tout le monde aime courir ici, c’est une belle ville avec de bons restaurants et suffisamment de bars pour garder, tous ceux qui ne pilotent pas, heureux... Le circuit lui-même est un véritable défi. C’est très glissant le vendredi matin ! Même si l’adhérence s’améliore tout au long du week-end, il est important de garder les pneumatiques arrière en bon état. Pour être rapide sur un tour, vous devez gérer l’usure des freins et les refroidir suffisamment pour être en mesure de freiner fort à chaque fois qu’il le faut, vous devez avoir une bonne motricité dans les virages lents et vous avez aussi besoin d’attaquer fort sur les vibreurs pour gagner quelques dixièmes afin de signer un bon temps. "
Les pneumatiques seront mis à rude épreuve lors de ce Grand du Canada, les pilotes utilisant beaucoup les vibreurs pour adopter la meilleure trajectoire, particulièrement dans le dernier virage. L’impact des vibreurs sur les pneumatiques se fait approximativement à 130 km/h à cet endroit. Le tracé canadien est très bosselé, comparativement à la plupart des circuits du calendrier 2012. Paul Hembery, le directeur de Pirelli Motorsport et Jaime Alguersuari, le pilote d’essai du manufacturier italien, nous livrent leurs impressions sur le tracé Gilles Villeneuve.
Paul Hembery : " Nous passons de Monaco au Canada, soit deux des courses les plus spectaculaires de la saison. Montréal n’est pas uniquement un superbe endroit pour organiser une course, c’est également un splendide circuit. Les pneumatiques
"tendres" et
"super-tendres" devraient encore plus illustrer leurs caractéristiques naturelles qu’à Monaco, où les pilotes étaient maintenus à des vitesses moyennes faibles sans pouvoir vraiment aller chercher la performance avec leurs pneumatiques. Cela leur a cependant permis de réaliser de très longs
"runs" avec les
"super-tendres", ce qui ne sera pas le cas à Montréal, où les pneumatiques doivent beaucoup plus travailler. Les pneumatiques ont joué un rôle traditionnellement important sur cette course, particulièrement en cas de pluie. Nous avons vu à quel point chausser les bons pneumatiques au bon moment a permis à Jenson Button de remporter le Grand Prix du Canada l’an dernier, même après six passages aux stands. "
Jaime Alguersuari : " Le Canada est un circuit fantastique et j’y ai fait une superbe course l’an dernier ! En partant de la voie des stands, j’ai rejoint l’arrivée à la huitième place. Les pneumatiques y sont absolument cruciaux : On y court avec de très faibles appuis pour obtenir une bonne vitesse de pointe dans les lignes droites et il faut donc beaucoup plus de
"grip" mécanique qu’aérodynamique. De ce fait et en raison de la surface de la piste, je m’attends à voir beaucoup de glissades de toutes les monoplaces durant le week-end, ce qui accroît également l’usure des pneumatiques. La combinaison des
"super-tendres" et des
"tendres" sera très appropriée pour Montréal : Les températures y sont généralement assez basses et les niveaux d’adhérence sont également faibles. Prendre soin du train arrière est particulièrement important. Si l’on pilote comme il faut, on peut cependant trouver un avantage, il y a clairement de bonnes opportunités de dépassements à Montréal et je suis sûr que ce sera une course très excitante. "