Histoire Renault Sport F1 - Grand Prix de Bahreïn 2005
vendredi 20 avril 2012, par Fanatic F1
Le Grand Prix de Bahreïn 2005 tient une place à part dans la mémoire de Renault Sport F1 pour deux raisons...
Non seulement
Fernando Alonso a remporté la course de Sakhir, mais une victoire encore plus satisfaisante pour le pilote espagnol a immédiatement suivi au Grand Prix de San Marin avec le même moteur. Cette deuxième victoire a en effet fourni une belle démonstration, non seulement des compétences de Fernando Alonso, mais aussi de celles du personnel de Viry-Châtillon qui avait contribué à faire en sorte qu’il gagne. La saison 2005 de Fernando Alonso avait pris un excellent départ et il fut bientôt évident que la Renault R25 serait une prétendante au titre. Son coéquipier, Giancarlo Fisichella avait remporté la course d’ouverture de la saison en Australie, tandis que le sportif des Asturies avait terminé troisième. Il avait ensuite triomphé en Malaisie, puis enchaîné avec un deuxième succès à Bahreïn qui lui avait permis d’établir une solide avance au Championnat. Malheureusement pour le camp Renault, l’autre R25 avait du abandonner ce jour-là.
" Bahreïn avait été un très bon week-end pour nous jusqu’aux premiers tours de course et le problème moteur de Giancarlo Fisichella. Cela nous avait très fortement surpris, mais heureusement nous n’avons pas connu de soucis avec celui de Fernando Alonso et il a pu gagner la course " se souvient Rémi Taffin, qui était ingénieur moteur de Fernando Alonso en 2005 avant d’être aujourd’hui responsable des opérations piste.
Les pilotes de cette saison devaient utiliser le même moteur pendant deux week-ends de course successifs, ou subir une pénalité sur la grille.
" Nous devions aller à Imola après cette course " explique Rémi Taffin. " Et c’était la deuxième course pour le moteur de Fernando Alonso. Nous avions donc absolument besoin de savoir ce qui était arrivé au moteur de Giancarlo Fisichella. Nous avions conclu alors à un problème de détonation. " Des recherches à Viry-Châtillon ont prouvé que c’étaient les conditions climatiques de Bahreïn, qui étaient une nouveauté pour tous les constructeurs de moteurs F1, qui avaient conduit à cette détonation. " Dans des conditions très spécifiques, la combustion de l’air et du carburant dans le cylindre n’est pas déclenchée au moment attendu, vous avez alors beaucoup de pression dans la chambre du cylindre et cela peut entraîner une fissure sur le piston. C’est quelque chose que vous modulez à la base grâce au réglage de l’allumage. C’était la première année à Bahreïn, avec une température de l’air très élevé, mais une humidité relative très faible. Ces conditions sont très enclines à déclencher une détonation dans un moteur de Formule 1. C’était quelque chose que nous n’avions jamais connu au banc. "
La grande question devenait alors :
Que décider pour la course suivante ? Le moteur V10 RS25 avec lequel Fernando Alonso avait gagné à Bahreïn était censé resservir pour Imola. " Je pense que nous avons eu une semaine entre les deux, nous avons donc dû démonter totalement le moteur de Giancarlo Fisichella pour trouver ce qui s’était passé, mais également regarder le moteur de Fernando Alonso. Nous avons vu des signes indiquant qu’il avait aussi connu certains problèmes, nous devions alors décider s’il fallait procéder au changement ou non pour Imola ? Et bien sûr, si nous l’avions changé il aurait reçu une pénalité sur la grille de départ, ce qui n’était évidemment pas très intéressant pour nous ! Après avoir beaucoup travaillé au banc moteur, la décision finale a été de le conserver. Fernando Alonso a vraiment été partie prenante dans cette décision. Il y avait trois ou quatre personnes autour de la table et il a dit :
"OK, allons-y" et il s’est engagé à faire très peu de tours lors des essais libres, ainsi que tout ce dont nous aurions besoin pour réussir. "
" Je pense que nous avons fait cinq tours le vendredi, six tours le samedi matin, puis les qualifications. Cela faisait beaucoup parler dans le paddock :
Que sont-ils en train de faire ? " Faire peu de kilomètres en essais libres était une chose, mais vint le temps de la course où Fernando Alonso devait se débrouiller. Toutefois, il a reçu quelques bons conseils des ingénieurs Renault sur la façon de minimiser les contraintes subies par le moteur et ainsi réduire les probabilités d’un incident. Ce fut loin d’être un après-midi facile, car il a été sous la pression de Michael Schumacher pendant une grande partie de la course.
" Nous sommes restés devant, mais Fernando Alonso a dû faire les 20 derniers tours avec Michael Schumacher dans son rétroviseur et théoriquement le moteur ne pouvait pas résister. Il a dû réguler le régime moteur et tout le reste virage après virage. Il allait chercher par moments la puissance dont il avait besoin et la réduisait à d’autres. Cela a prouvé combien il était intelligent et quel sorte de compétiteur il était. Cela a été très difficile pour lui. De nombreux autres pilotes auraient choisi de changer le moteur. Nous nous battions avec McLaren cette année-là, mais leur voiture n’était pas totalement fiable et Fernando Alonso aurait pu facilement conseiller d’être prudents et d’aller chercher des points. Il a clairement pensé :
"Je veux gagner !" Cela a certainement été l’une de ses meilleures courses pour défendre une place ! Et il a réussi au final. "
Ce fut un vrai travail d’équipe, Fernando Alonso a finalement franchi la ligne d’arrivée en tête de l’épreuve. Les points gagnés ce jour-là se sont révélés inestimables au fil de la saison et à la fin de celle-ci... Fernando Alonso a remporté son premier Championnat du Monde. Mais, il ne l’aurait pas emporté à Imola sans le précieux support de Viry-Châtillon. " Quand les gens se demandent pourquoi nous avons besoin de tout ce monde sur le circuit ou pourquoi faire autant de tests au banc, c’est parce que nous devons pouvoir faire face à des situations comme celle-là... "
D’après un communiqué de Renault Sport F1